Les chevaux de Baucher
© Alain Fabre 2003
[Actualisé le 26/05/09]
Observations
de L’Hotte (1905) sur les chevaux possédés par Baucher à Lyon en 1849 :
Q En même temps que Partisan,
Baucher avait possédé et monté en public Capitaine, Neptune et Buridan. C’est avec
ces quate chevaux qu’il fonda sa réputation. Ils étaient de natures
dissemblables, deux surtout; c’était Partisan, le noble pur sang, et Buridan,
lourd et épais carrossier, sans énergie. Aussi, pour prouver que ses moyens de
dressage pouvaient être appliqués victorieusement à tous les chevaux, quelle
que fut leur nature, ce sont ces deux chevaux que Baucher fit venir et monta à
saumur, lorsqu’en 1843 il fut appelé à faire connaître et à enseigner sa
méthode à l’école de cavalerie. f (pp. 118-119)
N.B. Les observations de L’Hotte sur les chevaux de Baucher contiennent
d’importantes lacunes. Il est certain que l’auteur de Un officier de cavalerie avait l’intention de les combler, mais le
temps lui a manqué. L’ouvrage de L’Hotte est ainsi conçu qu’en tête de chaque
chapitre, nous en trouvons le plan résumé, voici le début de celui du chapitre
IX, qui nous intéresse ici: QBaucher (suite). – Portrait et travail de
”Kléber”, ”Turban”, ”Bloc”, ”Picarde”, ”Shandor”, ”Stades”, ”Partisan”,
”Capitaine”, ”Neptune”, ”Buridan”, ”Géricault” […], f. Et le texte de L’Hotte commence ainsi:
Q Pour préciser, en partie au
moins, les difficultés équestres abordées par Baucher, ainsi que les divers
mouvements de jambes, tirés pour la plupart de son imagination, qu’il faisait exécuter
à ses chevaux, je vais indiquer ce que présentait de plus particulier le
travail propre à chacun des chevaux qu’il possédait à Lyon en 1849. Je
donnerai, en même temps, quelques détails sur chacun d’eux f. Le texte de L’Hotte suit bien l’ordre de présentation des chevaux promis
par le résumé du chapitre, mais l’auteur n’a pas eu le temps de revenir sur son
texte et de le compléter, de telle sorte que dans le tableau suivant, que j’ai
construit en suivant de près le texte de L’Hotte, les cases correspondant à
Capitaine, Neptune et Buridan son restées vides et celle qui correspond aux
particularités du travail de Géricault est elle aussi vide. L’Hotte pourtant
dit très clairement que c’est avec quatre chevaux (Partisan, Capitaine, Neptune
et Buridan) que Baucher fonda sa réputation, ce qui ne peut que signifier que
L’Hotte a laissé son travail inachevé et que, s’il en avait eu le temps, il se
serait certainement expliqué en détail à propos des trois derniers.
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NOM DU CHEVAL |
DESCRIPTION PHYSIQUE |
PARTICULARITES DE SON TRAVAIL |
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BLOC |
Bloc était de robe grise,
et intitulé cheval de labour. Il avait l’aspect commun, de longs poils aux
jambes et représentait assez bien le cheval de trait léger. L’encolure était courte,
mais bien greffée, le rein long, les jarrets étroits, mais les hanches
étaient puissantes |
- Les rênes étant nouées sur
l’encolure, le cheval, sans l’aide de la main, se présentait dans une position
correcte, en exécutant les changements de direction, les diverses pirouettes,
les changements de pied aux deux temps - En marchant au pas, les
membres antérieurs, complètement étendus, restaient un instant au soutien
avant de toucher le sol - Ayant une épaule au soutien, Bloc s’enlevait sur les hanches et,
dans cette position, lançait un violent coup de sabot, avec la jambe
primitivement levée. Aussitôt que le devant avait regagné le sol, le même
mouvement se répétait |
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Lourd et épais carrossier, sans
énergie |
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(Voir plus bas les commentaires d’Armand Charpentier) |
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GÉRICAULT |
Quant à Géricault,
il avait désarçonné maints cavaliers, et des plus réputés […]. Mais ce qui
devient merveilleux, c’est de monter un pareil cheval, aux lumières, au bruit
d’un orchestre et des applaudissements d’un public nombreux, le ving-neuvième
jour de son dressage, et sans qu’il manifeste la moindre volonté de se
défendre, sans même faire une faute |
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KLÉBER |
Gris clair, était haut sur
jambes, avait de la taille, du sang, l’encolure bien greffée et un beau port de
queue, d’où ressortait un certain éclat. Mais, en réalité, c’était une rosse.
Baucher l’avait trouvé, relégué dans le coin d’une écurie d’un manège de
Lyon. Personne ne voulait plus le monter à cause de la défectuosité de ses
allures et de son peu de solidité […] Kléber
était entier ; le voisinage des juments causait chez lui une grande
surexcitation ; mais, une fois entre les jambes de Baucher, il semblait
indifférent à leur approche |
- Balancer des hanches à droite
et à gauche en marchant, les épaules suivant une même direction - Pirouettes renversées sur
trois jambes, le membre levé se présentant dans sa plus grande extensiom - Pirouettes ordinaires, avec
enlevé du devant, l’appui se faisant alternativement sur l’une et l’autre
épaule, le membre opposé restant au soutien - Transition, sans temps
d’arrêt, du galop en arrière au passage - Galop en arrière sur trois
jambes, une jambe de dedans restant au soutien |
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NEPTUNE |
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Bai-châtain, avec une étoile en
tête, pur sang, avait une construction légère et des formes élégantes. La
greffe de l’encolure, le port de queue ne laissaient rien à désirer. Le
cheval, dans son ensemble, était des plus séduisants. Venu d’Angleterre, il avait
été payé un gros prix à son arrivée en France. Lorsque, pour 500 francs,
Baucher s’en rendit acquéreur, le cheval avait été perverti dans les allures,
autant que dans son caractère |
- Transition du piaffer
précipité et près de terre au piaffer le plus noble, lent, élevé et
merveilleusement rythmé - Trot en arrière - Arrêt instantané, avec une
épaule au soutien, en marchant de deux pistes - Balancer du devant - Reculer au galop - Changements de pied au temps C’est sur Partisan que Baucher pratiquait tout d’abord ses essais, et le
maître me disait que, si ce cheval, bien âgé lorsque je l’ai connu et monté,
avait le don de la parole, il étonnerait fort, en faisant connaître les
moyens, si divers, auxquels il avait été soumis (Voir, pour comparaison, les
commentaires de Jules Janin sur Baucher et Partisan et ceux recueillis par Armand Charpentier, ci-dessous) |
|
PICARDE |
Baie, commune, de taille
moyenne, ne révélait aucun degré de sang. La machoire avait présenté des résistances
particulières. Pour arriver à son écartement, Baucher, étant à Trieste, avait
eu recours à la langue serpentine, et trois mois avaient été nécessaires pour
bien l’obtenir |
- Succession de pirouettes
renversées et ordinaires au galop et au passage - En marchant au pas, les
membres antérieurs s’élevaient vivement et frappaient fortement le sol à
chaque foulée |
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SHANDOR |
Lorsque Baucher était en
Autriche, à Vienne, le comte Shandor lui avait donné ce cheval. Il avait le cachet
oriental, était entier, gris truité, de taille moyenne et de nature un peu
molle |
- Transition du piaffer,
absolument sur place, au piaffer en avançant et en reculant - Piaffer dépité - Reculer, en exécutant, à droite
et à gauche alternativement, un quart de pirouette renversée, les épaules
suivant une même direction - Succession de pirouettes
renversées à droite et à gauche, sur trois jambes et en avant, la jambe levée
posant à terre dans toute son extension - Trot avec grande élévation et
extension des plus énergiques des membres antérieurs - Changements de pied au temps - Pirouettes au galop,
exécutées avec rapidité, le devant ne touchant le sol que deux ou trois fois
dans une pirouette complète |
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STADES |
Baie, de taille moyenne, bien
construite, mais ayant très peu de sang. Atteinte du vertigo, la jument
présente pendant deux ans des difficulté. Au début, elle secouait la tête par
côté, avec violence. Au cours du dressage, les attaques de vertigo disparurent
et les mouvements de tête finirent par ne plus se produire que rarement.
Achetée 150 francs, elle fut vendue à Paris 6,000 francs et mourut peu de
temps après. |
De tous les chevaux de Baucher,
Stades avait le travail le plus
particulier, on pourrait dire le plus riche - Piaffer-balancer, continué en
appuyant. Cet air, exécuté avec une rare perfection, réunissait trois
difficultés : la cadence et l’élévation du piaffer, le balancer, la
prédominance des forces décidant la marche par côté - Ronds de jambes en avançant.
Mêmes mouvements en reculant, chaque pas de reculer étant précédé de
l’extension complète du membre qui exécutait, ensuite seulement, son
mouvement circulaire - Étant de pied ferme,
déplacement en arrière, puis en avant, d’un bipède diagonal, l’autre diagonal
se mobilisant sur place - Étant de pied ferme,
rapprochement des pieds de derrière jusqu’à 20 centimètres environ des pieds
de devant, et prise d’un camper extrême, en partant de cette position - Changements de pied au temps
des plus brillants De tous les chevaux qu’a
possédés Baucher, Capitaine, seul,
les a exécutés avec autant d’éclat. Mais, en raison de l’énergie qu’elle
mettait dans les changements de pied, Stades
ne pouvait, sans perdre la légèreté, en faire plus de cinquante de suite au
temps, tandis que le pur sang Turban
en faisait, comme je l’ai dit, facilement deux cents |
|
TURBAN |
Alezan doré, pur sang, de
petite taille. Ses difficultés découlaient de son tempérament très nerveux. Il était
extrêmment chatouilleux |
- Piaffer dépité en se campant.
Le cheval exécutait cette sorte de trépignement avec une extrême rapidité, et
une violence telle, que la poussière couvrait le cavalier - Changements de pied au temps,
du devant, étant campé - Toute une reprise, comprenant
les pirouettes sur les hanches, en changeant de pied au temps. Turban faisait facilement, sans
interruption, deux cents changements de pied au temps |
TRAVAIL DE
« PARTISAN » SELON ARMAND CHARPENTIER (1868-1948) – Extrait de « Les Soirées de l’Étrier, 1946 :
« Partisan » - Pur sang, bai brun, 7 ans, acheté le 10 août 1837
débute au Cirque des Champs-Élysées le 11 juin 1839 (Près de deux ans de
dressage) :
PREMIER TRAVAIL (op.cit., p.71) :
Entrée au galop,
temps d’arrêt sur trois jambes
Trot en avant et en arrière
Épaule en dedans et passage très
cadencé
Balancer au passage
Pirouettes sur les jambes de
devant et de derrière,
au pas
Galop sur de petits cercles
avec changements de pied
Changements de pied tous les deux
temps
Changements de pied au temps
Travail complet sur les hanches,
au galop
Pirouettes sur les jambes de
devant
et derrière sur trois jambes, au
galop
Marche directe sur trois jambes
Balancer sur trois jambes
Galop en avant et en arrière
Quatre pas de côté suivis d’une
demi-pirouette
et d’un balancer de la croupe
Piaffer balancé,
temps d’arrêt sur trois jambes
Piaffer accéléré,
temps d’arrêt sur trois jambes
Changements de pied au temps,
pirouettes sur les jambes de
derrière
Mouvement de deux jambes
par la transversale en place
Reculer cadencé
Sortie
SECOND TRAVAIL (op.cit., p. 72) :
Entrée au galop,
temps d’arrêt sur trois jambes
Reculer
Travail sur les hanches au passage
Trois changements de pied tous les deux temps,
et cinq au temps
Piaffer en avant et en arrière sans rênes
Trot étendu
Changements de pied tous les deux temps
et au temps, alternativement
Pirouettes sur les jambes de derrière
avec une jambe de devant en l’air
Pirouettes au piaffer précipité
Balancer sur trois jambes
Galop en arrière sans rênes
Piaffer lent puis précipité
Sortie
TRAVAIL DE
« CAPITAINE » SELON ARMAND CHARPENTIER
(1868-1948) – Extrait de « Les Soirées de l’Étrier, 1946 :
« Capitaine » -
Cheval alezan doré, 8 ans, acheté le 9 septembre 1839, débute au Cirque des
Champs-Élysées le 10 juin 1840 (op.cit., p. 73).
Entrée au pas naturel,
l’encolure extrêmement basse
Passage instantané de cette position abandonnée
à un rassembler complet
Trot serpentin
Trot étendu
Petits cercles au galop,
avec de fréquents changements de pied
Changements de pied tous les deux temps
Changements de pied au temps
sur des cercles de petite dimension
Galop précipité
et temps d’arrêt sur trois jambes
Pirouettes ordinaires avec changements de pied
sans changer la position propre au mouvement
Mouvements alternés d’une des jambes de devant, en place
Piaffer et pesades, alternativement
Piaffer très haut et très cadencé
Sortie
QUELQUES AUTRES CHEVAUX DE
BAUCHER:
1843 : ROBERT DE NORMANDIE L'Indépendant.Furet
des théâtres_1843_8 juin.pdf
1844 : MAYFLY : année de son « lancement » L'Indépendant.
Furet des théâtres_1844_26 septembre.pdf
1845 : autres mention
de MAYFLY L'Argus_1845_8
mai.pdf, L'Argus_1845_23
janvier.pdf
1845 : PASSE-TEMPS L'Argus_1845_23
janvier.pdf
1846 : BOUFFE L'Argus_1846_6
août.pdf