FRANÇOIS ROBICHON DE LA GUÉRINIÈRE
(1688-1751)
© Alain Fabre, 2002-
Le tableau synoptique qui suit fournit un aperçu
chronologique de la vie de La Guérinière. Il contient de
nombreux renvois à des points qui seront développés
dans les notes, et éventuelement sur d'autres pages du dossier.
Pour les références bibliographiques, voir page principale.
| EVÈNEMENTS PRINCIPAUX DE LA VIE DE LA GUERINIERE | CONTEXTE HISTORIQUE ET ARTISTIQUE | |
| 1688 | Naissance de Pierre Robichon de la Guérinière à Essay (Orne), le 8 mai 1688 | Naissance de Charles Parrocel (1688-1752), qui aura un rôle central dans l'illustration de l'oeuvre de La Guérinière. Naissance de Marivaux. |
| 1705-1715 (?) | La Guérinière, en compagnie de son frère aîné Pierre des Brosses de La Guérinière (1687-1761) (*) , entrent comme étudiants à l'Académie d'équitation de la rue des Canettes, à Paris (*) | 1706: consécration de l'église des
Invalides.
1713: Naissance de Pedro de Alcântara e Menezes, marquis de Marialva, gloire de l'équitation portugaise cla *) . Naissance de Diderot. |
| 1715 | La Guérinière reçoit du Grand Ecuyer ses Lettres de provision. (*) Rachat d'un jeu de paume par La Guérinière et son associé Jean-François de Colmenil en vue de la fondation d'une Académie d'équitation (13, rue de Vaugirard). Elle sera ouverte deux ans plus tard.(*) | Mort de Louis XIV et début de la Régence du duc d'Orléans. Fondation de la banque de Law en 1916 |
| 1717 | Ouverture de l'Académie d'équitation et succès immédiat | Visite à Paris du tsar Pierre le Grand. Voltaire écroué à la Bastille. Watteau, L'Embarquement pour Cythère. Naissance de Montfaucon de Rogles (mort en 1760) (*) |
| 1718 | Mariage de La Guérinière avec Marguerite Martine Robin de la Forest | Achèvement du Palais d'Évreux (Palais de l'Elysée). |
| 1719 | A l'issue de la fermeture de l'Académie de la rue des Egouts, La Guérinière en rachète les équipages (*) | Apogée du système de Law. |
| 1719-1724 | Difficultés financières de La Guérinière et rupture avec Colmenil (*) | 1720: faillite de la banque Law et émeutes.
Achèvement de la Place Louis-Le-Grand (Place Vendôme).
1722: publication de l'édition bilingue de Johann Elias Ridinger (1698-1767) (*) Neue Reit-Kunst in Kupfer Stichen inventiert und gezeichnet von Johann Elias Ridinger/ L'art de monter à cheval en tailles douces, inventées et dessinées par Jean Elie Ridinger (Augsburg). Jean-Philippe Rameau, Traité de l'harmonie. 1723: début du règne de Louis XV. |
| 1724 | La Guérinière prend un nouvel associé, François Nicolas Desprez | |
| 1725 | Difficultés financières de La Guérinière parallèlement au succès croissant de l'Académie | Mariage de Louis XV avec Marie Leszcziska. |
| 1729-1730 | Publication en in-16 du premier tome de l' Ecole de cavalerie | 1727: Première édition de la Description du manège moderne par le baron d'Eisenberg (*) |
| 1731 | Publication en in-16 du second tome de l' Ecole de cavalerie. Seconde édition augmentée en deux volumes | Les convulsionnaires du cimetière de Saint-Médard à Paris commencent à faire parler d'eux. Voltaire: Histoire de Charles XII. |
| 1733 | Première édition in-folio de l'Ecole de cavalerie | |
| 1733-1742 (?) | Installation de l'Académie de La Guérinière rue de Tournon (*) | 1734: Voltaire, Lettres anglaises. |
| 1736 | Première édition in-8 des deux tomes de l'Ecole de cavalerie | |
| 1740 | La Guérinièrere reçoit le titre d'Ecuyer ordinaire du Roy. Publication des Eléments de cavalerie en format in-12 (version abrégée de l'Ecole de cavalerie) | Frédéric II, roi de Prusse. |
| 1743 | Charles de Lorraine-Armagnac, Grand Ecuyer, met à la disposition de La Guérinière le Manège des Tuileries (*) . La Guérinière au manège de Versailles de mai à octobre | 1744: Claude Bourgelat (1712-1779) (*), Le nouveau Newkastle, ou le nouveau traité
de cavalerie (Lyon). Naissance de Pierre Marie, vicomte d'Abzac (mort
en 1827) (*)
1748: Montesquieu: l' Esprit des Lois. Naissance de Ludwig Hünersdorf (mort en 1813) (*) . 1749: Gaspard de Saunier (1663-1748) (*), Les vrais principes de la cavalerie (Amsterdam). 1750: Mort de J.-S. Bach. |
| 1751 | Décès de Pierre Robichon de la Guérinière le 2 juillet 1751à Paris. Seconde édition in-folio de l'Ecole de cavalerie | Publication du premier volume de l'Encyclopédie . Édit du roi portant création de l'École militaire. |
| 1751-1758 | Anne-Antoine, fils de La Guérinière, et son beau-frère François-Ignace de Croissy, succèdent à La Guérinière au Manège des Tuileries (*) | 1752: Mort de Charles Parrocel. |
Parmi les élèves illustres de cette académie, outre les deux frères La Guérinière, on retrouve entre autres le vidame de Chartres, futur duc de Saint-Simon, aux alentours de 1675.
L'académie de la rue des Canettes était l'une des deux académies royales subsistant après le décret de 1690 signé par Louis XIV, l'autre étant celle de Foubert , à la confluence de l'actuelle place Saint-Germain-des-Prés, de la rue de Rennes et de la rue du Dragon. L'emplacement de l'académie de la rue des Canettes correspond au côté nord de la Place Saint-Sulpice. Elle prolongeait l'actuel 26 rue des Canettes et s'étendait jusqu'à la rue du Vieux-Colombier. Les bâtiments furent détruits afin de former la place Saint-Sulpice.
C'est probablement au sujet de cette Académie, à moins qu' il ne soit question de celle de la rue de Tournon , où La Guérinière professa quelques années plus tard, que Jacques de Varenne, chevalier de Ravanne, "page de son Altesse le duc régent, et mousquetaire", écrivit dans ses mémoires, publiées en 1782 à Amsterdam, les lignes qui suivent: " Nous demeurâmes plusieurs jours dans son hôtel [celui du comte de J.], et je n'en sortis qu'avec lui dans son carrosse, pour aller prendre un appartement près du Luxembourg, et à portée de l'académie de La Guérinière, où je devois m'exercer tous les jours. Il avoit déjà fait parler à ce célèbre écuyer. L'ayant envoyé chercher sur l'heure même, il me recomanda fortement à lui; et après quelques compliments qu'il me fit sur ce qu'il attendoit de mes dispositions, il nous laissa. La première chose que me proposa mon nouveau maître, fut d'aller à son académie. Nous nous y rendîmes. Quelques leçons qu'il donna d'abord dans son manège à quelques jeunes gens qui l'atendoient, me charmèrent. Nous fûmes ensuite voir l'écurie, et je ne fus pas peu surpris d'y trouver quarante à cinquante chevaux magnifiques, et qui sembloient faire l'éloge de la main qui les avoit dressés. La Guérinière nous retint à dîner. Si je me sentois déjà flatté, je ne le fus pas moins d'une compagnie de jeunes cavaliers avec qui je dînai, et dont l'air et les manières ne me laissoient rien à souhaiter que de pouvoir les imiter bientôt" (document extrait de la base de données Frantex réalisé par l'Institut National de la Langue Française et peut être consulté parmi la collection Gallica, sur le site de la Bibliothèque Nationale de France)
Entre 1680 et 1719, l'Académie de la rue des Egouts était dirigée par François du Gard de Longpré et Bernardy, écuyers du roi. De Longpré avait auparavant dirigée l'Académie du 5 rue de Condé.
Cet hôtel appartenait, dans les années 1960, à l'Institut Tessin (bibliothèque et musée d'art suédois), avant que cet établissement emménage à l'Hôtel de Marle, dans le quartier du Marais, en 1971. Le comte Carl-Gustav Tessin, ambassadeur de Suède à Paris de 1739 à 1742, était très lié avec de nombreux artistes de la capitale, parmi lesquel Boucher, Louis Tocqué, Lancret etc. Tessin acheta de nombreuses oeuvres de ces peintres, dessinateurs et graveurs, dont une partie appartient actuellement au Musée National de Stockholm. Louis Tocqué (1696-1772), faut-il le rappeler, fut l'un des illustrateurs de l'Ecole de cavalerie de La Guérinière.